Autostop en Europe, le début d’un voyage d’un genre nouveau

Autostop en bord de route

Adolescent, il m’est fréquemment arrivé de faire du stop pour des courts trajets de quelques kilomètres, souvent pour rentrer du lycée. Mais je n’avais jamais tenté l’expérience de parcourir de longues distances en stop. C’est pourtant le projet de voyage un peu fou que je me suis lancé cet été : Rejoindre la ville d’Edsåsdalen en Suède avant le 11 août (pourquoi cette date ? on en reparlera plus tard) depuis la région de Grenoble, en utilisant quasiment que le stop comme moyen de transport.

Autostop de Grenoble à Amsterdam

L’aventure a commencé le dimanche 19 juillet. Je suis parti de Voiron, en Isère, à une trentaine de kilomètres de Grenoble. Comme il y a peu de passage à l’entrée d’autoroute dans cette zone, je me dit qu’il y a peu de chances de trouver un voiture qui va jusqu’à Paris et j’indique Lyon pour mon panneau. Mais même comme ça, un dimanche à 10h du matin, ce n’est pas un franc succès… Jusqu’à ce qu’un groupe de belges se gare sur le parking pour changer leur roue ! Sans cet incident, ils ne seraient jamais passé par là, j’ai eu un peu de réussite ! Et pour couronner le tout, comme ils montaient jusqu’en Belgique, ils ont pu me déposer sur une aire de repos à proximité de Beaune. J’ai attendu un peu moins d’une heure avant d’être pris par un couple remontant de Sanary Sur Mer en direction de Paris. Au total, il m’a fallu 7h pour rejoindre paris. Pour un trajet d’environ 5h en temps normal, ce n’est pas si mal pour un premier jour !

Après avoir passé quelques jours sur Paris, j’ai repris la route le jeudi 23 avec pour objectif de rejoindre Amsterdam. Un peu plus de 500 kilomètres qui seront un peu plus difficiles à parcourir que le trajet précédent. En effet, à mon arrivée à Porte de La Chapelle, pas moins de trois auto-stoppeurs sont déjà positionnés. Je me retrouve donc dans un coin vraiment difficile pour que les voitures s’arrêtent. Et pourtant, je serais le premier des quatre à être embarqué. Pourquoi ? Très certainement peut être parce que, contrairement à eux, je voyage avec une fille, et cela semble attirer la sympathie de certains conducteurs.

stop pour amsterdam

Je suis déposé 20 minutes plus tard à une entrée d’autoroute. Là, un anglais m’avancera encore un peu jusqu’à une aire de repos. Sur place, constatant qu’il n’y avait pas forcément beaucoup de passage, j’ai pris mon courage à deux mains et j’ai carrément demandé à un couple de belges qui étaient là si ils pouvaient m’avancer. Après eux, un chauffeur routier m’a amené jusqu’à la frontière avec les Pays-Bas, et c’est là que c’est devenu plus difficile. Alors qu’il ne restait plus beaucoup de chemin à parcourir, je n’ai été pris que pour des petits trajets et il m’a fallu 5 voitures de plus pour atteindre Amsterdam. Heureusement, j’ai été déposé directement devant mon hôtel, le Volkshotel, que je recommande chaudement.

Cette deuxième expérience m’a fait remarquer un truc : les gens, alors même qu’ils nous transportent gratuitement, sont beaucoup plus “serviables” qu’en covoiturage. Plus d’une fois, des gens ont fait des détours pour moi, sans que je leur demande, alors que lors de mes nombreux covoiturages, j’ai surtout rencontré des gens, malgré la rémunération, qui ne voulaient pas faire le moindre petit détour. Les gens qui s’arrêtent sont d’ailleurs souvent des personnes ayant fait du stop dans leur jeunesse.

photo d'amsterdam

Autostop d’Amsterdam à Berlin

Pas vraiment le temps de souffler, puisque dès le lendemain, il a fallu repartir en stop en direction de Berlin. Avec 700km au compteur, il m’a paru raisonnable de prévoir 2 jours pour accomplir le trajet. Je suis donc parti à 13h d’Amsterdam avec pour seule indication le mot “Est” en hollandais sur le panneau. Comme à Paris, la “compétition” est rude sur le spot de départ puisque deux autres groupes d’auto-stoppeurs s’y trouvent. Et encore une fois, nous sommes pris en premier. Et cette-fois, la femme au volant nous dit clairement nous avoir pris parce que nous sommes un garçon et une fille.

Cette première conductrice va justement dans l’est du pays, tout proche de la frontière avec l’Allemagne. Je me retrouve sur une aire de repos avec peu de passage, mais pas le temps de finir le picnic que je suis embarqué par un chauffeur de poids lourd Polonais qui va jusqu’à Hanovre. Je ne vous conseillerais pas du tout de faire la même chose car c’est tout de même très dangereux, et illégal, mais ce trajet était plutôt insolite ! Outre le fait que je n’avais pas de ceinture car j’étais assis sur la couchette du chauffeur, celui-ci buvait une boisson énergisante pour tenir le coup tout en regardant un film et téléphonant ! Malgré ce contexte un peu “effrayant”, il conduisait quand même très bien et lentement.

Le stop en Allemagne semble beaucoup plus facile qu’aux Pays-Bas. A peine je suis déposé sur une nouvelle aire de repos à 200km de Berlin qu’une voiture m’embarque à proximité de l’aéroport de la capitale. Je me retrouve donc à 21h sur l’aire de repos de Michendorf, tout près de la ville que je pensais atteindre le lendemain. Mais la nuit va tomber dans une heure et je ne veux pas me retrouver en galère à installer ma tente de nuit. Il y a une forêt accessible juste derrière l’aire de repos. Je me donne donc 30 minutes pour trouver un conducteur pour Berlin. Et à 21h30, alors que je m’apprêtais à lâcher l’affaire, j’ai été pris en stop par une dame ne parlant pas anglais qui m’a déposé à Berlin. N’ayant pas prévu d’arriver à Berlin le soir même, Il ne me restait plus qu’à trouver un logement ou dormir, mais ça, c’est une autre histoire…

Et vous, avez vous déjà tenté de voyager en stop ?

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Christopher

Accro au voyage depuis 2008, j'aime découvrir de nouvelles destinations en prenant mon temps, et si possible en faisant du sport ! Je suis également passionné de cinéma, donc il peut m'arriver de faire référence à des films dans certains articles.

9 CommentsLaisser un commentaire

  • Non jamais tenté pour ma part, enfin pas plus de quelques kilomètres quoi. Par contre j’admire la démarche et la prise de risques, je sais pas si j’aurais eu le courage de planter ma tante dans une forêt derrière une aire d’autoroute, mais bon tu y as échappé aussi et ça à l’air de bien rouler au final ! Enjoy.

  • Bien cool de lire ton aventure, je pars dans 3 semaines pour le même trajet sensiblement.
    Cependant je continue ensuite la route et descendrais jusqu’aux Balkans.
    Merci pour cet article 😉

  • Jamais tenté pour une longue distance, les seules fois où j’ai fait du stop c’était en Roumanie mais là-bas (à l’époque du mois) c’était un moyen de transport assez courant donc plutôt facile d’aller un peu partout comme ça. Ca a peut-être changé depuis…

  • Je je je… On a juste l’impression de que tu es seul à faire le voyage. Le seul moment où tu parles de ta partenaire, c’est quand elle t’arranger parce que tu es pris tout seul. Ça fait pas rêver….

  • C’est très étrange cette rédaction à la première personne alors qu’en fait, au lieu d’un voyageur, c’est bien de deux qu’il s’agit… La fille qui t’accompagne n’est mentionnée que lorsqu’elle sert, on dirait que tu la sors comme on sort son K-way en cas de pluie. Bon sinon le récit de voyage n’est pas inintéressant, mais cet aspect m’a fait tiquer !

    • Oui, c’était délicat de trouver la façon d’en parler sachant que la personne en question tiens à ne pas forcément être mise en avant dans ces articles et que je voulais quand même parler de cet avantage que voyager à deux semble nous avoir donné

    • Je me permets d’intervenir les filles, étant justement celle qui l’accompagnais dans ce voyage. D’une part la rédaction à la première personne est un choix éditorial car Chris raconte comme d’habitude SA version de l’aventure et le fait que j’ai été là n’a pas fondamentalement changé beaucoup de choses, et d’autre part, c’est moi qui lui ai demandé de ne pas parler outre mesure de moi car je souhaite pour l’instant rester anonyme, donc ne lui en voulez pas trop, il n’a fait que respecter ma demande ! 😉

  • J’adore les histoires d’autostop !

    Pour ma part, je n’ai jamais tenté d’en faire à Porte de la Chapelle, j’ai l’impression que je vais jamais être pris même si la circulation y est dense.

    C’est assez frustrant d’arriver sur un spot où il y a déjà des autostoppeurs, je ne sais jamais comment réagir et comment me positionner…

    Bon vent !

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