Trek du sanctuaire des Annapurnas : Jour 4, d’Himalaya au camp de base de l’Annapurna

Sommets de la chaine des annapurnas

Comme nous l’avions prévu la veille, nous nous sommes accordé un supplément de sommeil théorique de 30 minutes en nous levant à 6h30. « Théorique » car Lara a très mal dormi à cause de Ratatouille (la souris dans notre chambre, pas le malade au couteau de cuisine). Lors de notre départ à 7h45, le propriétaire des lieux, meurtrier en puissance à ses heures perdues, n’a pas manqué l’occasion de réitérer ses excuses auprès de moi. Le paysage, comme chaque jour depuis le début du trek, offrait un visage complètement différent de celui de la veille. A chaque pas, La végétation se faisait plus rare. Les arbres disparaissaient bientôt, et le peu de végétation restante consistait en des herbes sèches.

Hélas, après quelques minutes de marche, Lara a commencé à avoir très mal au ventre. Ne souhaitant évidemment pas retrouver les joies d’un arrêt à Himalaya, nous avons poussé jusqu’à l’étape suivante, Deurali. Après plusieurs minutes de discussion et réflexion, Lara ne se sentait vraiment plus capable de continuer et devait renoncer. Nous devions initialement prendre deux jours pour rejoindre le camp de base de l’Annapurna (ABC). J’ai proposé à Lara que l’on attende tous les deux à Deurali une journée. Elle n’a pas voulu. J’ai donc décidé de rejoindre ABC le jour même afin d’être de retour en moins de 24h. Je partais donc avec un sac allégé pour attaquer les dernières hostilités. En chemin, j’ai croisé un guide avec qui j’avais déjà un peu discuté la veille. Il était présent à Himalaya lorsque l’incident de la veille s’est produit. Il m’a appris que le propriétaire de l’Himalaya Hotel faisait très souvent des problèmes. Derrière les auberges qui jalonnent le chemin du Trek, on trouve généralement des tas de bouteilles et de canettes abandonnées là par les propriétaires des lieux. Je commence à penser que si j’avais cherché à Himalaya, c’est un tas de cadavres que j’aurais trouvé !

Peu de verdure en Annapurna

En 1h40, j’avais atteint le camp de base du Machapuchere (MBC), lieu ou l’on devait initialement passer la nuit. J’avais par la même occasion battu mon record personnel d’altitude. En chine, j’étais monté à 3200m d’altitude (en bus qui plus est). J’étais maintenant à 3700m et je l’avais fait à la force de mes mollets. Mais je ne comptais pas en rester là, et après un bon plat de riz, je prenais le chemin de l’ABC. Alors qu’il faut en moyenne 2h pour l’atteindre (3h pour les personnes les plus lentes ou gênées par l’altitude), il ne m’a fallu qu’1h15, malgré plusieurs pauses photo, pour y arriver, et établir un nouveau record personnel à 4100m d’altitude.

Alors même que les nuages obstruaient la vue, ce qui est fréquent durant l’après midi, je pouvais me rendre compte à quel point l’endroit était extraordinaire. La plupart du temps, lorsque j’effectue une randonnée, et lorsque j’arrive au bout, c’est pour découvrir une vue incroyable sur des kilomètres de distance. Ici, c’est complètement différent. J’ai vraiment le sentiment d’être « Into the wild ». Le paysage est sauvage, et, de tous les cotés, je suis entouré, comme enfermé, ou plutôt comme protégé du reste du monde, par quelques uns des plus grands sommets de l’Himalaya. Ces sommets, tout en gardant une majesté sans pareille, semblaient maintenant à portée de main.

Entrée du camp de base de l'Annapurna

A peine arrivé, j’ai continué à marcher pour découvrir les environs et prendre plusieurs photos. Sur mon chemin, à quelques mètres du camp, se trouvait un terrain de volley-ball ou guides népalais et voyageurs jouaient ensemble. J’ai également voulu prendre quelques vidéos des lieux. Mauvaise nouvelle, le froid s’était attaqué à la batterie de la camera et celle-ci n’avait plus d’énergie du tout. Mes ambitions artistiques étaient donc réduites à néant. Ayant pris de nombreuses photos à l’aller, je comptais sur le retour pour filmer les fabuleux décors que nous avions traversé et interviewer quelques voyageurs. Tant pis.

Le froid s’attaquant maintenant à mon corps, je pris la décision de me réfugier dans la salle à manger commune. Et contrairement à mon souhait initial, comme les jours précédents, je n’étais pas tenté par une bière mais préférait me réchauffer avec un bon thé. Je profitais de l’occasion pour faire la connaissance d’une française, passionnée de treks, qui avait passé plusieurs saisons en tant que guide en Patagonie. Celle-ci me confirmait les dires du guide croisé plus tôt dans la journée : L’Himalaya Hotel était un lieu à éviter à cause de son propriétaire. Elle m’expliquait également que c’était probablement l’eau qui avait rendu Lara malade. En effet, certains voyageurs, à l’organisme plus sensible que d’autres, tombaient malade simplement en utilisant l’eau des robinets pour se brosser les dents. De plus, une bactérie un peu particulière et spécifique à la région de l’Annapurna nécessite de laisser le Micropur agir 2 heures dans la bouteille au lieu des 30 minutes recommandées.

Sport en altitude

Les minutes passaient et la salle à manger se remplissait de plus en plus. Les gens, de parfaits inconnus quelques minutes plus tôt, parlaient comme s’ils se connaissaient depuis des heures. C’est impressionnant de voir comment les montagnes, les longues heures de marche, rapprochent les gens. A moins que ce ne soit, encore une fois, le chauffage sous la table !

Lire la suite : Jour 5 – D’ABC à Sinuwa

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Christopher

Accro au voyage depuis 2008, j’aime découvrir de nouvelles destinations en prenant mon temps, et si possible en faisant du sport ! Je suis également passionné de cinéma, donc il peut m’arriver de faire référence à des films dans certains articles.

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