Les arnaques du volontariat à l’etranger et du voyage solidaire

enfants

Avez-vous déjà effectué la recherche « volontariat à l’étranger » sur Google ? La première fois que je me suis intéressé au volontariat, durant mon tour du monde en 2010, ce sont les premiers mots qui me sont venus en tête pour trouver des informations sur le sujet. A l’époque, le terme « voyage solidaire » développé par les agences n’était d’ailleurs pas encore très répandu. Et les résultats m’ont choqué. Les sites mis en avant affichaient des propositions de volontariat pour lesquelles il fallait payer des sommes exorbitantes. Depuis, j’ai trouvé de nombreuses informations et regroupé la plupart dans un article intitulé « Comment trouver un volontariat à l’étranger« . Par ailleurs, j’ai également eu des échos de nombreux voyageurs ayant effectué un volontariat et étant déçus de cette expérience. Voici donc un dossier qui devrait vous permettre d’en savoir plus sur les arnaques du volontariat à l’étranger.

Les différences entre le volontariat à l’étranger et le voyage solidaire.

Pour faire simple, je dirais que le volontariat à l’étranger est une mission non rémunérée (mais parfois indemnisée), dans le cadre d’un projet éducatif, social ou encore environnemental. Il peut s’agir d’une expérience de quelques semaines ou de plusieurs mois, voir un an ou deux. Au cours d’un volontariat, vous serez bien souvent amenés à échanger avec la communauté locale. Lors d’un volontariat à l’étranger, vous vous mettez généralement au service d’une association locale.

Le voyage solidaire, c’est encore autre chose. C’est une forme de tourisme alternative, qui favorise les rencontres entre voyageurs. Dans certains, cas, vous accorderez aussi de votre temps à une association ou un projet local, mais la plupart du temps, vous ferez du tourisme, vous visiterez des villages typiques et des sites touristiques. La principale différence avec le tourisme de masse est que l’agence qui vous prend en charge a généralement créé des liens forts avec les communautés locales et vous permet de mieux appréhender le quotidien des habitants du pays, en les côtoyant pour quelques heures ou quelques jours. Cerise sur le gâteau, une partie du montant que vous payez à l’agence est reversée à un projet de développement local. C’est ça, le tourisme solidaire.

Faut-il payer pour faire du volontariat ?

OUI. Mais attention, pas à n’importe quelles conditions. Revenons à notre histoire de recherche sur Google. Certains organismes, ceux qui ressortent en premier (via les liens publicitaires et les liens naturels) sur la page de résultat, affichent des tarifs assez hallucinants. Ainsi, Projects Abroad (non, non, je ne vais surtout pas leur offrir un lien gratuit…), propose une mission humanitaire de 4 semaines en Ethiopie pour 1955€. Au Pérou, cela montera jusqu’à 2405€ pour quatre semaines d’éco-volontariat…. Sur le site, Projects Abroad évoque sa mission, et se présente comme une organisation internationale de volontariat. Tout est mis en place pour donner l’impression que l’on a à faire à une association, pourtant, il s’agit bien d’une entreprise à but lucratif, et qui tourne bien ! Les comptes de 2012 de son bureau français révèlent un chiffre d’affaires de 537 400 €, des bénéfices (brut) de 103 100 € et un résultat net de 16 800 €. Et rien sur le site n’indique qu’une partie du chiffre d’affaires est reversée à des projets de développement local. Ce n’est donc, ni une association, ni même une entreprise solidaire, mais juste une entreprise qui fait du fric avec la solidarité.

Vous en pensez ce que vous voudrez, mais de mon point de vue, cela ressemble fortement à une arnaque. D’autres organismes, comme Travelworks, proposent des prestations similaires facturée au-delà du millier d’Euros. Je pense sincèrement que l’utilisation du terme volontariat devrait être légalement contrôlée. Heureusement, au milieu de tout cela, Google nous propose quand même CursusMundus, un site qui regroupe des informations sur les différentes formes de volontariat.

Orphelinat AfriqueD’autres agences de voyage solidaire proposent des prestations cher payées, regroupant tourisme et volontariat, mais elles se présentent clairement comme des entreprises, et sont souvent gérées par des passionnés. Deux amis ont fait du volontariat en Afrique via ce type d’agence. Et même si je ne suis pas fan à l’idée de dépenser plus pour quelque chose qu’on pourrait avoir pour beaucoup moins cher dans les mêmes conditions, j’ai conscience que cela peut être utile. Mes amis ne sont pas des baroudeurs, et cette expérience leur a donné envie de refaire du volontariat, différemment. Il faut toujours commencer quelque part.

Comme je le disait plus haut, pour la plupart des missions de volontariat, il faut quand même payer. Certains statuts permettent de bénéficier d’indemnités, mais il faut avoir de l’expérience et il reste toujours des frais à votre charge. Et dans le cas des chantiers ou volontariats court et moyen terme, il n’y aura pas d’indemnisation, mais il faudra payer des frais de dossier (autour de 200€), son billet d’avion, ou encore ses frais de visa et d’assurance. Dans la plupart des cas, le logement, et parfois la nourriture seront fournis. Pourquoi faut-il payer tout ça pour aller aider les gens ? Tout d’abord, parce que vous êtes dans une démarche de volontariat, et non de salariat, il faut l’assumer. Sinon, faites des études vous permettant de travailler dans l’humanitaire, en tant que médecin, spécialiste en agro-alimentaire ou logistique. Ensuite, parce que pour de nombreux volontariats, vous n’avez pas forcément besoin de beaucoup de compétences et/ou des gens déjà sur place pourraient le faire pour beaucoup moins cher que votre billet d’avions. Enfin, volontariat ne veut pas forcément dire humanitaire. Oui, vous allez vous occuper d’enfants dans un orphelinat, oui vous allez donner des cours d’anglais… Mais allez-vous changer, améliorer, la vie de ces gens en faisant cela ? Dites-vous que dans la plupart des cas, ils n’ont pas besoin de vous, et votre passage ne fera pas réellement de différence. C’est, plus qu’un don de votre part, un échange, un partage, des rencontres… autant d’aspects qui vous apportent aussi à vous !

Je recommande donc de passer par des associations françaises (voir liste ici) qui vous mettront en relation avec des associations locales. Vous aurez le choix entre diverses formes de volontariats, dans de nombreux pays du monde. Est-ce la garantie de vivre une vraie expérience de volontariat ? A priori non. Une amie est partie en Tanzanie grâce à une association comme celles-ci. Mais le partenaire sur place n’était pas sérieux, et les deux volontaires sur place ont du « se battre » pour vivre une expérience qui ait du sens. Les associations ayant de nombreux partenaires à-travers le monde, elles ne peuvent hélas pas toujours être garantes du sérieux de ceux-ci. Il peut donc y avoir de mauvaises surprises comme celle-ci, même si cela doit rester très ponctuel.

A votre avis, est-ce une arnaque ou une bonne action ?

Pour terminer, je vais aborder un autre sujet. On reste dans l’esprit du tourisme solidaire et de la légitimité de ses acteurs, ne vous inquiétez pas. Il y a quelques semaines, j’ai participé à un apéro solidaire. Le concept est simple : Vous payez votre entrée dans un bar, par exemple 5€ (qui seront reversés à une association) et bénéficiez de l’happy Hour sur vos premiers verres (les consommations rentrant dans les caisses du bar). Un bon moyen de récolter quelques centaines d’euros et de faire parler d’une association.

melting-pot-developmentLorsque j’y suis allé, la récolte était pour l’association Melting Pot Development. Cette association, dans le cadre d’un road trip en Afrique, rend visite à des orphelinats et leur fournit du matériel. Qu’est-ce qui a bien pu me déranger ? Lorsque j’ai discuté avec l’une des membres de l’association, elle m’a expliqué que le matériel était fourni par des parrains/soutiens dans les pays africains concernés. L’argent récolté ce soir là ou via d’autres évènements ayant pour but de financer le voyage, y compris des bonnes chambres d’hôtel, « parce que c’est aussi les vacances ». En gros elle me disait ouvertement que je contribuais à lui payer des vacances des hôtels confortables… Sur le coup, je n’ai rien dit mais j’ai été très choqué. Et en y réfléchissant un peu plus, je me suis quand même dit qu’elle devait consacrer pas mal d’heures bénévolement à cette action et qu’elle faisait effectivement ce voyage sur son temps de congés. Je ne dit pas que sa démarche est légitime. Je la trouve discutable, mais au moins, elle fait quelque chose. J’ai justement abordé les raisons égoïstes qui poussent les gens à faire un volontariat. Et vous, qu’en pensez-vous ?

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Christopher

Accro au voyage depuis 2008, j'aime découvrir de nouvelles destinations en prenant mon temps, et si possible en faisant du sport ! Je suis également passionné de cinéma, donc il peut m'arriver de faire référence à des films dans certains articles.

18 CommentsLaisser un commentaire

  • Déjà je trouve normal de payer l’intégralité des frais dus au volontariat puisque c’est un volontariat et par conséquent si nous ne sommes pas là pour notre égo mais bien pour apporter notre aide nous préférerions voir cet argent bénéficier à ceux que l’on est venu aider.

    Ensuite, tout comme toi, je pense que à moins d’être médecin ou d’une autre profession très spécifique, nous ne sommes pas d’une grande aide. Je ressentirais comme un malaise à venir accomplir une tâche dont un local pourrait très bien se charger, éventuellement en étant payer.

    N’oublions pas qu’il n’y a pas besoin d’être à l’autre bout du monde pour penser humanitaire. Est-ce que faire un don d’un montant équivalent à un billet d’avion ne serait pas nettement plus bénéfique aux gens qualifier qui sont d’une réelle efficacité sur place ?

    Pour ma part, je ne suis pas qualifié pour agir efficacement sur le terrain donc je préfère m’investir financièrement pour que ceux qui le sont puisse travailler dans les meilleurs conditions. Une catastrophe naturelle qui nécessiterait de nombreux bras en urgence serait je crois la seule chance que je me déplace.

    Il y a aussi dans ces volontariats de « l’inutiles » quelque chose qui me turlupine sur le plan moral et qui est que s’estimer utile à l’accomplissement d’une tache de base c’est vraiment prendre les locaux pour des moins que rien. L’humanitaire n’est humanitaire que dans la limite de l’assistanat, au delà de cette frontière nous sommes dans l’égoïsme et sur le long terme, ça ne me semble pas profitable du tout.

    Si j’étais à la tête d’un association, j’emploierais des locaux avec les dons pour accomplir un maximum de taches. Cela me semble profitable et gratifiant pour eux. D’autant plus efficace si comme je l’ai dit nous donnions l’équivalent d’un billet d’avion plutôt que de se déplacer, mais il faudrait dire adieu les vacances !

    • Salut,

      @Bertrand : Sur toute la partie volontariat, rien à redire pour l’avoir vécu. L’idée majeure chez moi est de pouvoir découvrir certains pays sans n’être qu’un touriste. L’expérience de volontariat m’a rapproché des personnes, m’a plongé dans une culture que j’aurai surement survolé en pur tourisme. Il faut plus le voir comme un mode de voyage alternatif ! (Attention de bien choisir le volontariat car construire des maisons : la main d’oeuvre local ne manque généralement pas et vous voleriez leur travail !!! Je te rejoins donc fortement)

      @Christopher : Sur le dernier paragraphe Melting Pot Development, je trouve le comportement des orga scandaleux… s’ils veulent se payer des billets d’avions et hotels corrects, qu’ils aillent faire des heures supplémentaires et/ou petits boulots le WE. Je ne conçois pas que cet argent récolté puisse bénéficier à la partie « tourisme et confort » du déplacement. Il devrait profiter directement au projet local.

      • Je n’aime pas la démarche, c’est pour cela que je la critique, mais elle ne me scandalise pas. Tout simplement parce qu’à mes yeux, l’engagement, même s’il n’est pas optimal, est mieux que l’indifférence, que les excuses… Je regrette juste de ne pas avoir plus abordé le sujet avec cette personne, mais le cadre bruyant ne le permettait pas trop…

    • Comme toi, je crois aux compétences, et à l’emploi sur place. C’est pour cela que je soutiens des « grosses structures » comme Action contre la faim ou Médecins du monde, qui remplissent ces critères avec brio, et qui ne semblent pas avoir trop de choses à se reprocher (même si personne n’est parfait).

      Après, j’aime aussi donner de mon temps, faire des rencontres, et ça, le volontariat le permet. Je ne le fais pas via ces grosses structures mais des plus petits organismes qui me semblent honnêtes. Et là, c’est plus une démarche de rencontre et de partage que d’aide, c’est certain.

  • Brrrrr ça fait froid dans le dos de savoir que des gens s’enrichissent impunément de la sorte! mais bon c’est pas nouveau non plus! le volontariat international m’a toujours beaucoup attiré et moi aussi j’ai fait beaucoup de recherches sur internet en rapport avec ça. Je veillerai à faire attention dans mes choix!

  • Très bon article qui répertorie bien les différents moyens de faire du volontariat mais qui montre bien les arnaques qui peuvent se cacher derrière…

    J’avais regardé project abroad pour partir en volontariat mais les prix m’ont très vite scandalisés et décourager.
    Concernant melting pot je trouve la démarche vraiment scandaleuse ou tout du moins pas du tout légitime.
    Nous sommes nombreux à prendre sur notre temps libre pour faire du volontariat et la démarche est personnelle. Imagine si on faisait tous comme melting pot…

    Lorsqu’on décide de le faire pour moi il faut prendre toutes les conditions qui vont avec, il ne s’agit pas seulement d’aider la journée et de rentrer dans son hôtel 3 étoiles le soir !

    enfin c’est mon opinion !

    • Pour Project Abroad (et autres), c’est clair que ça peut faire fuir certaines personnes pleines de bonne volonté. Non seulement ce genre d’entreprises profites de la solidarité pour faire de l’argent, mais en plus ils nuisent à l’image de la solidarité.

      Pour Melting Pot, je suis d’accord avec toi, je ne pense pas du tout que cette attitude soit exemplaire, ni même légitime, c’est pour ça que je l’aborde ici. Et comme beaucoup, j’ai été choqué sur le coup. Mais même si je ne souhaites pas que tout le monde fasse comme eux, je ne jette par toute leur action…

  • J’ai suivi ton lien !
    Ton article est intéressant ,c’est aberrant ce qu’on peut trouver comme proposition…
    Néanmoins je ne suis toujours pas d’accord avec toi 🙂
    Tu as l’air de présenter les choses comme si ces actions n’étaient faites que pour soi-même. Dans ce cas je suis d’accord sur le principe de payer ! Mais n’est-ce pas fausser complètement le rôle du volontariat ? Si je donne des cours d’anglais, c’est parce que je crois fermement que cela peut aider mes élèves et améliorer leur vie professionnelle par exemple. Et donc, être utile, oui ! Si je donne de mon temps dans un orphelinat, c’est parce que la vie de ces enfants me touche et que je veux leur donner amour et soutien. Plus qu’utile, c’est vital ! Certes tout le monde peut le faire sans qualification mais trop peu le font.
    Bref, si moi je me porte volontaire, ce sera avant tout pour l’autre. Mais peut-être que, comme trop de choses, l’altruisme a lui aussi été corrompu.

    • Non, elles ne sont pas faites que pour soi-même, mais AUSSI pour soi-même. Quand tu dis que du volontariat, notamment en orphelinat, est « vital », je pense que tu as vision idyllique du volontariat. Dis toi que dans la plupart des cas, tu ne changeras pas la vie des gens que tu vas aider !
      Je viens de passer 5 mois en Corée, et parmi tous les enfants et ados que j’ai rencontrés, il y en a un pour qui je sens vraiment avoir apporté quelque chose, et encore c’était un impact limité.
      Je t’encourage à te lancer et voir ce que ça donne !

  • Merci pour ton article , comme beaucoup je cherche a voyager autrement et j’ai été surprise de tomber sur autant de site commerciaux..je vais donc suivre tes liens plutot que ceux de gogole !

  • Bonjour,

    Je viens de rentrer de voyage avec Projects Abroad et même si je ne suis pas du genre à laisser des avis ou scruter les forums, ma conscience m’intime de partager mon expérience car j’aurais aimé lire un tel avis avant mon départ.

    Pour ceux qui ne connaissent pas ou qui sont en proie au doute car la communication chez Projects Abroad est plutôt très bonne ou très floue, tout dépend des intérêts que l’on protège. Projects Abroad qui se présente, officiellement, comme (je cite) : « une organisation entièrement indépendante et ne recevant pas de subventions » est en réalité (et ceci sans jouer sur les mots et les subtilités du français) : une entreprise privée (d’où l’absence de subventions car l’on ne subventionne pas les personnes privées qui ont pour objectif de gagner de l’argent) qui joue sur la corde sensible du volontariat, de la solidarité et de la faiblesse des pays « en voie de développement » pour abuser des amateurs de voyage, des âmes altruistes ou encore des personnes en quête d’expérience (humaine ou professionnelle) ; tout en se faisant de l’argent sur le dos des associations et acteurs locaux.

    J’ai passé 4 semaines avec eux de fin Avril à fin Mai 2015, et je vais vous expliquer très précisément pourquoi Projects Abroad est une vaste arnaque :

    S’il vous est passé par la tête la (mauvaise) idée de partir avec Projects Abroad, vous avez du visiter son site internet vous proposant de partir en toute sécurité faire un « stage » ou un volontariat avec un organisme professionnel dans un pays étranger. D’où le prix très élevé et justifié par l’entreprise comme (je cite) : « une offre qui comprend une qualité de service inégalée. Tous les coûts dans le pays d’action sont couverts par votre contribution. Nos tarifs comprennent :

    – une individualisation complète de votre mission qui vous permet de choisir librement le début, la durée et l’objet de votre mission »

    FAUX : En apparence, Projects Abroad propose des stages ou des volontariats au sein de diverses structures locales et adaptées dont le prix varie en fonction de « l’importance » du projet : ainsi un stage coûte en général plus cher que de l’humanitaire. Mais cette différence de prix n’est aucunement justifiée (si ce n’est par l’arnaque) car en réalité, Projects Abroad ne travaille qu’avec un nombre restreint d’associations (et oui, celles-ci sont toujours à la recherche de bénévole et il n’y a pas besoin d’aller jusque dans un pays en voie de développement pour le constater), et vous place dans l’une d’elles selon les disponibilités indépendamment de vos choix, du type de mission, ou de vos capacités.

    Ainsi, ayant choisi d’effectuer un stage en RH au sein d’une association aidant les femmes à développer leur business au Mexique : j’ai été ré orientée à seulement quelques semaines du début de ma mission et sans mon accord, dans un « stage » au sein d’une association luttant contre le sida. Ni l’association (qui pensait que je l’avais choisi volontairement par convictions personnelles) ni moi n’avions été informé de ce « coup de bluff ». Je me suis donc retrouvée à payer le prix exorbitant de 2655 euros pour 4 semaines (prix d’un stage business) pour effectuer exactement les mêmes tâches qu’une autre volontaire en mission humanitaire (2465 euros), sortie tout droit du lycée, sans aucune expérience et parlant à peine l’espagnol tandis que, moi, j’ai une licence en droit et 1 certificat niveau C1 d’espagnol que j’ai fais valoir à l’appui de ma requête.

    –  » l’hébergement, souvent dans une famille d’accueil (immersion culturelle), et trois repas par jour  »

    Prudence : Bien que Projects Abroad parle simplement de « contribution » comme si le prix payé n’englobait pas, comme c’est le cas, tous les frais liés à votre mission + leurs bénéfices ; ce montant exorbitant ne profite aucunement aux familles qui sont bien peu payées. Cela va donc se répercuter sur la nourriture (sur mes 3 repas journaliers : 2 étaient identiques, répétitifs et exclusivement à base de quelques fruits, du yaourt et 2 tartines), sur certains services qu’une grande voyageuse comme moi (18 ans en Afrique, 4 ans en Europe et voyages dans plus de 10 pays) a toujours su gratuit dès lors qu’ils étaient disponibles dans le logement (facturation de l’usage de la machine à laver, facturation de l’internet malgré la box payée de toute façon au mois etc.) voir sur la qualité de l’hébergement (j’ai été relogée en catastrophe après avoir arrêtée de m’alimenter chez une femme à l’hygiène douteuse qui ne se lavait JAMAIS les mains (et peut être le reste) y compris après avoir été aux toilettes).

    – l’assurance de voyage et médicale qui comprend le rapatriement

    Bla bla : Ce type d’assurance est fournie par votre compagnie aérienne, votre mutuelle et l’immense majorité des véritables associations sérieuses qui ne vous coûteront (quasiment) rien. Certaines prennent même directement en charge les dépenses médicales contrairement à Projects Abroad qui ne vous rembourse qu’après coût (et encore je vous conseille fortement de lire toutes les lignes de toutes les très nombreuses pages du contrat !!!).

    – le support de nos équipes sur place

    Relatif: Si effectivement, les équipes locales font du mieux qu’elles peuvent pour vous orienter une fois que les nombreux bureaux délocalisés partout dans le monde (Afrique du Sud, Mongolie, Chine etc.) et le bureau principal en Angleterre, par désintérêt ou manque de communication, vous a envoyé de mauvaises informations, vous a changé autoritairement de mission etc. Le support est très relatif et dépend du degré de dévouement de chaque employé (et on ne peut leur en vouloir de ne pas être très dévoué car le salaire local ne doit pas non plus être très élevé). Cependant, si j’ai eu la chance de connaître un membre du staff (très touché par ma situation personnelle car j’ai eu de nombreuses mésaventures avec Projects Abroad qui serait très longues à expliquer ici mais je suis disposée à en informer quiconque serait intéressé de savoir où il met les pieds en privé) plutôt présent, la majorité des autres volontaires n’avaient pas de contact fréquent avec l’équipe locale : les journées d’introduction étaient souvent bâclées (avec des volontaires logés en dehors de la ville et qui ne savaient pas comment se rendre au centre-ville) et les réunions pour discuter de l’expérience sur place, souvent repoussées.

    D’ailleurs, s’il est précisé sur le site que le transport terrestre de l’aéroport international d’arrivée à votre destination finale est assurée par un membre de l’équipe cela n’est pas toujours le cas. Si vous arrivez en dehors des heures d’ouverture du bureau ou le week-end, vous pourriez être récupéré par quelqu’un d’autre (un familial, une connaissance de l’équipe). De plus, le staff de Projects Abroad n’est pas nécessairement présent pour vous à la fin de votre mission (et oui vous n’êtes plus intéressant). J’ai passé ma dernière semaine sans avoir vu l’équipe locale et je suis repartie toute seule à l’aéroport, en taxi, malgré les histoires de drogue et autres complications qu’un étranger (bonne « poire ») pourrait rencontrer au Mexique !

    Enfin, la vie sociale (pendant le temps libre) est complètement délaissée aux mains des volontaires qui bien qu’étrangers dans un pays souvent lointain et malgré la barrière de la langue ne sont pas du tout guidés par l’équipe locale. Lors d’un séjour dans une micro structure en Espagne, j’ai pu m’immerger plus facilement dans la culture grâce à des activités organisées chaque jour par l’équipe en place. Arrivée au Mexique, que ne fut pas ma déception de constater qu’une grosse machine comme Projects Abroad (qui n’hésite pourtant pas à se vanter de ses événements fréquents pour lier et divertir les volontaires) ne prévoyait rien du tout. Aucun évènement en ville (en 4 semaines j’ai eu le choix entre 1 cours de salsa et 1 atelier au sein même du bureau de l’organisation : le taux de fréquentation ne dépassait pas les 2 volontaires et demi maximum), aucune soirée, aucun évènement le week-end. Il n’y avait pas non plus de présentation entre les volontaires : lors de mon arrivée, on m’a remit une fiche avec leur numéro mexicain pour que je les contacte personnellement (sur 15 sms envoyés j’ai du avoir 3 réponses : frais de communication obligent) et le peu de soirées que l’on a plus ou moins réussi à mettre en place consistaient à se débrouiller pour arriver en ville (tous très perdus et plutôt éloignés et isolés les uns des autres), traîner sur la rue principale (l’unique que l’on connaissait : très touristique, pour l’immersion culturelle on repassera) et rentrer chacun de son côté pour cause de destination différente, isolée voir lointaine ( pour la sécurité aussi on repassera !!). Au final, je suis venue avec une grosse structure pour éviter de voyager si loin, si seule et sans sécurité et j’ai débourser près de 4000 euros pour 4 semaines (sans compter mes frais personnels mais en comptabilisant seulement ceux qui m’ont été imposé par Projects Abroad bien qu’ils affirment qu’une fois la mission et le billet payé il n’y a plus de frais de leur part) pour être effectivement isolée et sans sécurité

    – La seule dépense majeure qui ne soit pas couverte par votre contribution est le billet d’avion

    Archi faux : Il est important de savoir qu’avec Projects Abroad, le prix affiché n’est jamais le prix final payé par le volontaire . Il y a toujours des frais supplémentaires, alors ne croyez-pas qu’une fois la mission et le billet d’avion payés, vous n’aurez plus qu’à prendre votre argent de poche pour des dépenses occasionnelles. Gardez bien à l’esprit que toutes modifications, même minime, est payante chez Projects Abroad.

    Voici ma petite histoire : au départ, j’avais payé pour un stage de 8 semaines en Droit des affaires en Chine (3385 euros). À seulement quelques semaines du voyage, j’ai du annuler ce dernier du fait d’un problème de visa à cause de l’équipe Visa de Projects Abroad (soi-disant très professionnelle). Cette dernière a tout de même refusé de me rembourser l’intégralité de mon paiement (et ceci malgré la faute professionnelle) et comme « geste commercial » m’a simplement proposé de conserver mon argent pour un voyage ultérieur. De retour quelques mois plus tard avec le projet RH au Mexique (2655 euros), je me suis quand même retrouvée (malgré une différence de près de 1000 euros entre les deux projets qui devait me bénéficier) à payer des frais additionnels (amendment fees, modification fees et autres conneries).

    Il est également important de savoir que le prix affiché du billet d’avion ne correspond en rien au prix final (j’ai également du payé des frais divers en plus qui ont fait augmenté le billet de plusieurs centaines d’euros) et que, si vous allez très loin, vous serez booké sur un vol très long et très riche en escales bien que vous ayez payé, au moins, le prix d’un vol direct. Par ailleurs, il est dit sur le site que le vol est non remboursable mais supposément modifiable mais toute modification engendre un coup parfois supérieur à un nouveau billet. Je le sais par expérience, il m’est revenu trois fois moins cher de payer un nouveau billet que de modifier celui réservé avec Projects Abroad, et ce malgré que l’agence partenaire de Projects ai tout fait pour me dissuader (sur un ton parfois menaçant) de trouver une autre solution que celle de payer trois fois le tarif.

    J’ai conscience de la longueur de mon témoignage mais celle-ci ne traduit quasiment rien des déceptions et mésaventures auxquelles vous vous exposez en partant avec Projects Abroad. J’ai tenu à parler de mon expérience (et, en privé, je peux fournir encore plus d’informations à qui le souhaiterait) car Projects Abroad abuse de son site, de son réseau et de liens commerciaux pour diffuser des avis positifs et biaisés. En effet, Projects Abroad rémunère ses anciens volontaires pour qu’ils parlent (positivemment bien sûr) de leur expérience.

    J’espère ainsi sauver certains de la désillusion,

  • Je viens de passer sur le site de « Project Aboard » juste avant de venir ici.
    Je me suis aussi dit que le prix était fortement exagéré et que ne voyait pas l’intérêt de mettre aussi cher pour faire aussi peu. Cela ne m’a pas paru très sérieux, mon impression se confirme.

    La plupart des sites sur lequel je suis tombé vous font financer votre voyage au prix fort, ce qui peut être bon pour les bobos voulant se racheter une conscience, moi, je me dis qu’on peut faire bien plus en restant chez soi et en dépensant de bien plus petites somme pour parrainer l’éducation d’enfant par exemple.

    La meilleur de mes expériences est d’avoir profité de mes vacances en Inde pour livrer du matériel scolaire et des jouets au camp de réfugiés tibétain ou vivait mon filleul.

    J’aimerais me rendre utile en faisant un voyage solidaire, mais j’ai toujours l’impression que je n’ai pas grand-chose à apporter sur place. Prendre l’avion pour aller peindre un mur, alors qu’un local peut peindre toute une université pour bien moins chère que les frais que je vais engager, je trouve cela moyen.

    Pour l’instant c’est l’impasse. Sans doute que la meilleure chose à faire et de donner à des associations qui vont utiliser l’argent à bon escient et apporter un petit geste au détour d’un voyage sans vouloir en faire un but principal.

  • Bonjour,
    Tout d’abord merci à tous pour vos avis éclairés et détaillés.
    L’un ou l’une d’entre vous connait-il l’organisme « Saiga voyage nature », société du groupe « Secret planet » ?
    J’y découvre des propositions alléchantes, mais impossible de trouver le moindre commentaire ou avis sur internet.
    Merci d’avance pour vos éventuels retours.
    Thibaut

  • Je suis allée sur le site avant de venir sur le forum et j’étais follement excitée de partir au Fiji avec Projects Abroad, mais j’avoue que tu es entrain de me faire changer d’idée… As-tu d’autres suggestion de sites pour des voyages humanitaire qui ne sont pas comme Projects Abroad. La meilleure place c’est où??? ( fille découragée )

  • Connaissez vous STUDENTSGOABROAD, à Berlin en Allemagne ; je connais un jeune de 18 ans qui veut partir à Bali pour un an (volontariat) mais on lui demande 3500 euros + vol ; ça ne me paraît pas très sérieux et risqué.
    Merci de vos infos

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