Edito de lancement : Pourquoi ne faut-il pas partir en Tour du Monde ?

Penseur de Rodin

Pourquoi ne faut-il pas partir en tour du monde ? Parce que cela coute cher, qu’il faut quitter son travail, abandonner son logement, ses affaires, sa famille… ou pire tout simplement parce que ce n’est pas possible, « il n’y a pas le choix ».

Plus sérieusement, les « raisons » citées plus haut n’en sont pas. Ce sont des excuses. Que quelqu’un ne soit pas intéressé par l’aventure d’un tour du monde, je le comprend, et j’en connais. Mais ce type de personne saura l’exprimer clairement, pas en utilisant ce type de réponses, mais avec de vrais motivations.

Ces « arguments » sont plutôt utilisés  par des gens qui aimeraient partir en tour du monde mais ne le font pas, n’osent pas et trouvent des prétextes. Ces personnes sont très nombreuses, elles ont peur de perdre ce qu’elles ont avant tout… Elles citeront donc leur travail ou leur logement  alors même que de leur propre aveu, si on les questionne, elles révèleront que ce n’est ça qui compte pour eux. Pourtant, ils ne se lanceront que trop rarement et difficilement lorsqu’un risque potentiel pointera le bout de son nez. Hélas, il s’agit selon moi d’une confusion entre risque et changement.

Le fait de ne rien changer dans sa vie est aussi un risque. Tout est un risque. En conservant son boulot, on prend le risque de se faire renvoyer, on passe à coté d’autres opportunités. On risque, de façon plus générale, de passer à coté de plein de choses qui nous font rêver en restant inlassablement dans un position pseudo-confortable. Il s’agit donc plus d’une peur du changement que du risque.

Si jamais vous vous retrouvez dans ces quelques lignes, n’ayez aucune crainte. Je n’ai rencontré aucun voyageur qui ait regretté son tour du monde. Certains sont rentrés et ont retrouvé (rapidement) un boulot.

Voyageur face au monde

D’autres ont prolongé l’aventure en visitant d’autres pays et en travaillant sur place. Si un tour du monde vous a toujours tenté, foncez, ne vous retournez pas, vivez votre rêve à fond.

Enfin, pour ceux qui se disent qu’ils n’ont pas le choix, que ce n’est pas possible. Posez-vous deux minutes et réfléchissez. Est-ce vrai ? Si vous le pensez vraiment, demandez-le à des gens de votre entourage. pensent-ils possible, dans votre situation, de faire un tour du monde (ou tout autre rêve laissé non assouvi) ? On a des obligations, des contraintes, c’est certain, mais on choisit d’avoir ces obligations et ces contraintes. on peut s’en détacher beaucoup plus facilement qu’on ne le croit ! Ou s’en accommoder, les adapter à ses rêves.
En fait, la vraie question qu’il faut plutôt se poser c’est…

…Pourquoi partir en tour du monde ?

Je ne vais pas être exhaustif, chacun, de toute façon, a ses raisons, mais voici 7 points qui synthétisent ma pensée sur le sujet :

  • Des souvenirs pour la vie. Chaque année, vous vivez quelques moments magiques, que vous n’oublierez jamais. Selon les personnes et les années, ce sera 1 ou 2, ou peut être 3 ou 4. Avec un tour du monde, vous vivrez des moments comme cela par dizaines, et ils resteront eux aussi gravé dans votre mémoire pour de très nombreuses années.
  • Découvrir des cultures, des peuples et des façons de vivre vraiment différentes, tant que c’est possible. En effet, avec la mondialisation et l’essor de la consommation un peu partout sur le planète, l’uniformisation prend de l’importance. En Chine, les jeunes regardent Hélene et les garçons et voient les blockbusters US au cinéma. En Tunisie, la nouvelle génération préfère les bars à Chicha modernes, avec musique Electro, aux ambiances plus traditionnelles. En Europe et aux Etats-Unis, « tout le monde » écoute et danse le Gangnam Style… venu de Corée du Sud !
  • Ne plus avoir cette peur évoquée plus haut. Oser entreprendre ce que votre imagination vous « offre », ce que votre cœur ressent. Oser rencontrer des gens différents, c’est extrêmement enrichissant.
  • Pour partager. Avec son conjoint si c’est un tour du monde en couple, ou un ami, ou d’autres voyageurs rencontrés… mais aussi et surtout avec les habitants des pays visités. Discuter avec des guides, avec des gens rencontrés dans la rue, dans des bars ou même donner des cours d’anglais ou aider en faisant un peu d’humanitaire.
  • Parce que cela ne coute pas forcément très cher. En choisissant les pays d’Asie, ou alors en travaillant pendant le voyage, il est possible de très bien vivre sans se ruiner et sans un gros budget au départ.
  • Pour réfléchir. Face aux sommets de l’Himalaya ou en plein désert du Sahara, vous remettez forcément les choses en perspective. Vous prenez le temps de réfléchir sur vous-même, sur votre vie. C’est aussi un voyage intérieur qui vous permet de revenir sur votre quotidien, et éventuellement, décider de corriger ce qui ne vous convient plus.
  • Se ressourcer. Simplement pour faire une pause dans ce mode de vie plein de stress, de contraintes et de paperasses, et peut être qui sait, décider de changer de vie au retour.

Après, chacun a son moteur, sa motivation. Certains choisiront un but précis : faire de l’humanitaire, le tour des déserts, vivre un voyage de noces inoubliables, enchainer les treks à-travers le monde, découvrir différents spots de plongée, rencontrer d’autres peuples, faire découvrir le monde à ses enfants, visiter les plus beaux sites archéologiques et monuments de la planète… Et chacun aura une mode différent de voyage : l’avion, le train, le vélo, ses pieds, un voilier… la terre, la mer et le ciel s’offrent à vous !

Chris, Juillet 2013

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Christopher

Accro au voyage depuis 2008, j'aime découvrir de nouvelles destinations en prenant mon temps, et si possible en faisant du sport ! Je suis également passionné de cinéma, donc il peut m'arriver de faire référence à des films dans certains articles.

20 CommentsLaisser un commentaire

  • [email protected] dit :

    L’angle de l’article est bien choisi, bravo !

    Je n’ajouterai qu’une seule chose : le problème du tour du monde c’est qu’on doit supporter d’être un touriste en permanence et si je trouvais une excuse pour ne pas le faire, ce serait bien celle là.

    Plus je voyage, que ce soit en sac à dos ou en restant dans un endroit précis assez longtemps comme Alaa par exemple de http://www.gaijinjapan.org, plus je prône cette 2ème manière de voyager.

    Partir pour se poser quelque part et mieux comprendre la profondeur de chaque lieu et culture me paraît plus intéressant que de les survoler un à un.

    Disons que c’est le défaut principal que je vois au « tour du monde » en question.
    Mais je ne cherche pas à dissuader qui que ce soit bien entendu ! Je l’ai fait moi-même et j’ai aimé aussi.

  • Oui, je suis assez d’accord avec toi. Plus on voyage, et moins on a envie de pas mal d’aspects propres au voyage, notamment les déplacements, le fait de constamment remballer ses affaires… même des lieux « extraordinaires » peuvent sembler banals avec la lassitude et si on ne prend pas le temps de se les ré-approprier.

    Mis à part une année d’étude en Angleterre, je ne me suis jamais vraiment posé à l’étranger comme Aala pendant une très longue durée. Mais j’ai tendance à allonger ma durée dans chaque pays, à chercher à rester dans une même ville pendant quelques semaines… Ça permet vraiment de créer des habitudes.

    Au final, j’ai le sentiment que plus on reste, plus on découvre et s’intègre à un pays, plus on passe du statut de touriste à voyageur, alors même qu’on bouge moins 🙂

  • Alors je suis assez d’accord avec vous 2 sur l’aspect de la durée passée dans un pays.
    Au début de mon tour du monde, j’avais planifié des séjours de 6 mois maximum dans des grands pays (Australie et Canada). Et puis, très vite, je me suis rendu compte qu’en moins de 6 mois, tu ne fais qu’effleurer la culture locale. Tu ne découvre pas réellement ce pays où tu te rends, tu le survole et tu t’en vas. Je me suis que c’était dommage. J’ai donc décidé de changer mes plans et de voyager au grès de mes envies. Résultat, j’ai passé une année complète au Canada et j’en suis à déjà plus de 2 années au Japon. Contrairement à ce que beaucoup pense, je ne suis pas un expatrié mais plus un voyageur longue durée. Je me sens comme une personne qui veut prendre son temps pour comprendre le nouvel environnement qui l’entoure.
    Mais malgré cela, régulièrement, je saute dans un avion et je me fais un trip de courte durée dans une ville ou un pays inconnu pour moi. J’ai quand même besoin de cette dose de voyage intense de temps à autre, sinon je suis frustré et j’ai l’impression de faire du sur place.

  • [email protected] dit :

    J’ai fait aussi une année en Angleterre pendant mes études, tu étais où ?
    J’étais à Hull à l’université de .. Hull, tout simplement !

  • – Parce qu’un sac à dos, c’est lourd ;
    – Parce que changer de destinations toutes les semaines, c’est chiant ;
    – Parce que je n’aime pas les démarches aminsitraitves pour les visas ;
    – Parce que je suis nul en anglais ;
    – Parce que je n’aime pas les touristes.

    Mais surtout parce que nous n’avons qu’une vie, et la passait toujours dans le même endroit serait dommage 🙂

  • Je suis d’accord avec les commentaires ci-dessus. Je n’apprécie pas non plus de survoler les pays, je préfère également rester le temps qu’il faut pour connaitre un minimum de leurs cultures, de la façon de vivre et de penser des gens. Après trois mois en Inde et trois mois au Népal, j’ai du rester seulement 3 petites semaines au Cambodge et je fus perturbée en quittant le pays car je n’ai pas eu le temps de m’imprégner suffisament de la culture et des habitudes des gens. Donc pour répondre à la question ‘Pourquoi ne pas partir en tour du monde?’ – si on a peur d’être confronté à la réalité du monde, si on est pas débrouillard, si on ne veut pas tomber malade, si on préfère garder son petit train train quotidien, si c’est trop difficile d’être loin de ses proches, si on pense que les Français sont les meilleurs pour tout et si on fait que de se plaindre, dans ce cas ne partez pas… Sinon, il n’y a pas d’excuse à ne pas partir… aucune… faut juste prendre son courage à deux mains. On a qu’une vie pour réaliser ses rêves.

  • Concernant le risque du changement, il suffit de s’imaginer ne pas prendre le départ et le lendemain même de la date prévue, s’encastrer dans un camion en allant au boulot !
    C’est comme cela que j’ai convaincu ma mère de ne pas s’inquiéter 😉

  • Pour voir ensuite le monde autrement. Ça rejoint un peu ton 2e point. On relativise beaucoup de choses en rentrant. Et on se retrouve aussi du coup à faire le « père la morale » auprès de nos compatriotes râleurs jusqu’à les faire fuir 😉 !!

  • Alors nous, c’est une autre question qui nous empêche de partir en tour du monde malgré des préparatifs déjà effectués et une ÉNORME envie : que faire de notre amour de chat ? Le confier (à qui ? déjà) serait pour nous comme l’abandonner…d’autant plus qu’il est malade et doit recevoir un traitement tous les jours. Nous avons la responsabilité d’une âme qui nous est très chère…et d’un autre côté un besoin presque vital de partir à l’aventure. Faut-il l’emmener avec nous…à vélos ???!!!! Si quelqu’un a une idée ou connaît ce cas de figure….

  • Il y a certainement de bonnes raisons de ne pas entreprendre un tour du monde :
    – On doit s’attendre à voir s’affaiblir des relations importantes et perdre de vues certaines personnes (même si on peut parfois rattraper le temps). En contre partie, on fait des rencontres inoubliables
    – On doit accepter d’abandonner des choses qu’on aime pour un certain temps (adieu fromages et saucissons) même si on les retrouve avec encore plus de plaisir.
    – On ne s’enrichit pas matériellement (pour la plus part d’entre nous) durant le voyage mais il est indéniable qu’il y ait un enrichissement culturel et même parfois spirituel pour certains.

    Comme tu le dis, il y a un risque à rester, un risque à partir : un prix pour chaque chose. C’est à chacun de faire ses choix. Personnellement comme tu le dis je ne regrette rien.

  • Moi j’aurai ajouté comme raison pour ne pas partir : ne pas risquer de ne plus pouvoir revenir !?!

  • Il y a aussi un point non évoqué : le fait d’avoir un partenaire pour partir ! Voyager seul, meme si ca permet de faire plus de rencontre, est tout de meme très frustrant selon moi. Ne pas pouvoir partager ces bonheurs est presque inconcevable pour moi.

    Allez, je vais gratter un Solitaire pour voir si ca peut financer mon tour du monde. 😉

    • Oui, ne pas partager est quelque chose de très frustrant pour beaucoup de monde, et c’est mon cas. Pendant un voyage de 2 ois en Chine, j’ai du passer 2 jours seuls et j’ai partagé quelques moments incroyables avec des gens rencontrés quelques heures ou jours plus tôt…

  • Pour la plus part on va dire que ceux qui ne partent pas en tournée n’ont tout simplement pas le courage en dehors du fait réel de manque de moyens qui peut être un blocage.
    Je pense qu’on à une seule vie et qu’il nous faut en profiter au maximum sinon et bien se sera des regrets dans notre vieillesse étant donné que la plus part de personnes âgées (dans une étude dont je ne me rappelle plus) sont d’accord qu’ils auraient plus profiter de leurs vies s’ils étaient encore jeune.

  • Bonjour, je ne sais pas si tu vérifies toujours les commentaires ici mais on verra bien 🙂
    Tout me tente dans un tour du monde (en couple). Mais le souci ou mon inquiétude, c’est le boulot. Actuellement, je finis un master en gestion des ressources humaines (université en Belgique). Mon copain lui est électricien avec expérience.
    Je regarde déjà pour faire un visa travail-vacances (histoire de commencer « en douceur ») mais j’ai peur que si je rentre dans un système où je fais que des petits boulots ou si je trouve pas un job dans ma qualification, si un jour je veux revenir me poser en Belgique, plus personne ne voudra m’embaucher dans mon secteur et je serai rayée sur le marché de l’emploi. Qu’en penses-tu ?

    En fait j’ai peur de l’après car je pense qu’il y aurait une fin à ce voyage et dans ce cas, que faire ? Puis je me dis aussi que si on revient en étant «  »trop âgés » », plus personne ne voudra nous donner notre chance. La conjoncture actuelle n’est pas hyper rassurante quand on est du genre stressé…

    Merci si tu (et les autres) sais m’apporter ton avis 🙂

    • Et oui je les vérifie, même si je prend un peu de temps à répondre 😉

      Pour le boulot, tout est une question de comportement. Si tu as de l’assurance en entretien, tu peux clairement présenter tes expériences de tour du monde en avantages, en expériences qui t’ont enrichi, qui t’ont appris à t’adapter, à renforcer ton anglais, à gérer les barrières de communication… Tu pourras toujours trouver un boulot en rentrant de voyage, il faut, quoiqu’il arrive, vivre tes rêves.

  • Je dirais surtout qu’il y a des gens qui « pensent » avoir envie de faire un tour du monde, mais qu’au fond, il ne le veulent pas vraiment. Ce qu’ils veulent sont des vacances prolongées, s’échapper de leur quotidien, mais pas forcément partir longtemps, si loin, et sans repères.

    En tout cas, je pense qu’il y a tout à apprendre d’un voyage long terme, c’est ma meilleure école! Le seul inconvénient du dit « tour du monde », c’est qu’on avance trop vite, qu’on veut tout voir, et qu’au final on perd un peu la vue de l’instant présent. Pour cela je préfère faire ce « tour du monde » sur une durée indéterminée et privilégier le « slow travel ». Mais ça c’est aussi après quelques temps sur la route, les envies changent…

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