Interview de Thierry, globetrotter expatrié multirécidiviste

Aujourd’hui, je vous propose une interview de Thierry, qui n’a pas encore fait de tour du monde comme on a l’habitude d’en parler mais qui a déjà bourlingué aux quatre coins du monde. Il partage avec nous ces nombreuses expériences d’échanges et d’expatriation, tout en nous parlant de ses projets futurs.

Peux-tu commencer par te présenter ?

Bonjour, Je m appelle Thierry, j ai 31 ans, je vis actuellement a Vancouver, Canada. Un boulot régulier, sans extravagance ni quoi que ce soit, mais le fait de vivre a l’étranger me motive chaque jour et pique ma curiosité! J ai eu la chance d avoir des parents qui avaient un camping-car et qui, depuis mon plus jeune âge, m’ont aidé à aiguiser ma curiosité et a toujours aller chercher plus loin dans l’inconnu. En vacances, une année sur 2 nous visitions un pays voisin, et l’autre année nous restions a visiter la France. C’est peut-être un petit pays comparé à d’autres, mais tellement riche de culture et saveurs que même en parlant français, on avait l’impression d’être à l’étranger.

un couple en voyageLes vols sont devenus moins onéreux avec les années, les programmes d’échanges d’étudiants plus nombreux, et ma soif de connaitre est devenu inétanchable. C est grâce au Rotary Club International que, à l’âge de 16 ans, je suis parti tout seul, dans une famille d accueil à Medford, Oregon (cote Ouest des USA). J’ai appris l anglais, ce qui n’était pas une mince affaire car je n’avais que 5 de moyenne avant de partir, mais l’instinct de « survie » et l’envie de conquête et d apprendre étaient plus forts. Cela m a ouvert les yeux sur la richesse de notre monde et que nous ne sommes rien si nous ne connaissons pas nos voisins.

Plus tard lors de mes études, j’ai eu la chance d’avoir mon université à Grenoble qui était jumelée avec une université à Katowice, Pologne. Je suis donc allé faire un stage de 2 mois la bas sur place. Et donc, évidemment, et j’en ai profité pour visiter chaque weekend quelque-chose de différent. Ensuite, j’ai enchainé par le programme Erasmus. J ai fait mon « Auberge Espagnole » à L’Université de A Coruna en Espagne, et ensuite, âpres un retour en France, j’ai travaillé pendant 3 ans… Mais cette envie de connaitre plus et le fait de parler une langue étrangère dans mon quotidien étaient plus forts que tout.

Même avec un DUT en poche, j ai postulé pendant des mois pour des offres à l’étranger, et j’ai été sélectionné pour faire un V.I.E (Volontariat International Entreprise) pour partir 1 an au Mexique. La meilleure année de ma vie ! J’ai eu l’impression de renaître à 27 ans dans un pays totalement différent du mien. Je me suis senti chez moi dès le 1er jour. J’y ai rencontre mon amie, et malgré la différence de culture et de langue, nous avons décidé d’aller vers l’inconnu ensemble, et direction Vancouver, Canada ou nous vivons depuis près de 3 ans maintenant. Je tenais à préciser un point: les programmes d’échanges, et les voyages et le monde ne sont pas réservés uniquement à une « élite » ou bien à ceux qui ont de l’argent comme souvent beaucoup de gens peuvent le penser. La preuve, tous ces programmes sont soutenus par des bourses, ou sont des programmes d’échanges gratuits. Et même avec un diplôme, par moment considéré bas pour les échanges internationaux, tout est possible si la motivation et la persévérance sont présents…

Aujourd’hui tu vis au Canada, Comment t’es tu retrouvé ici ? Comment as-tu obtenu un visa pour travailler ?

Comment me suis-je retrouvé au canada ? La réponse est très simple: la vie est un scenario a rebondissements et très imprévisible. Après avoir vécu 1 an au Mexique et rencontré ma copine la bas, j’avais dans la tète d’aller apprendre l’arabe en Égypte, mais ma copine ne parlant pas bien anglais, je préférais pour elle, qu’on aille dans un pays natif de langue anglaise afin d’avoir de solides connaissances pour aller ou nous souhaitons par la suite. Un ami était au canada, à Vancouver plus précisément et m’a conseillé de lui rendre visite car il adorait cette ville, 1ere mondiale en qualité de vie selon des sondages. Et puis le canada, nous nous en sommes rendu compte en faisant nos recherches, est une terre d’immigration ou il est relativement simple d’obtenir les visas de travail. J ai donc fait les démarches pour obtenir un Permis Vacances Travail pour 1 an (Working Holiday Visa), et après, ma copine m’a rejoins ici. Excellente décision, car au moment ou nous venions au Canada a la place d’aller en Egypte, les révoltes du printemps arabe commençaient…

Quel job as-tu trouvé avec ton PVT ? Est-ce que ça a été difficile ?

En arrivant à Vancouver, même si j’étais venu avant en repérage pour 2 semaines, ca a été une petite douche froide,  car je ne pouvais pas vraiment postuler à des boulots un minimum qualifiés dans mon secteur d’activité. Pourtant, tous les employeurs me disaient que mon CV était très bon, surtout trilingue dans un pays bilingue ou la majorité des gens ne parlent qu’une seule des 2 langues officielles, c’était alléchant. Cependant, mon visa me fermait pas mal de portes car ils attendaient tous que je revienne avec la résidence permanente pour avoir ces meilleurs postes. Donc j ai recommencé à vendre des vêtements pour 3 mois, et ensuite, j’ai fait du centre d’appel pour 1 an. C’est une chose dont je n’étais pas vraiment fan, mais qui m’a ouvert la porte à mon poste actuel et qui a surtout permis de quadrupler mon salaire du jour au lendemain. En vivant avec 1 salaire pour 2 (car ma copine ne pouvait pas travailler) et vivant dans la ville la plus cher du pays, ca fait du bien. Trouver un travail, c’est comme partout dans le monde, avec de la motivation, de la détermination et de la persévérance, on trouve toujours. La question est : est ce que ca vous correspond ou non? Et faites-vous la fine bouche? Cela dépend aussi de votre secteur d’activité. Maintenant ma copine travaille, elle a mis 1 an à trouver un poste lorsqu’elle a commencé à chercher (elle est dans le marketing). Mon ex coloc’, qui est programmeur, avait plus de réussite : chaque fois qu’il envoyait un CV, il avait une réponse positive avec un bon salaire…tout dépend de l offre et de la demande.

Toi qui es parti en échange universitaire, en VIE et en PVT, quels sont selon toi les avantages et inconvénients de chaque formule ?

16957_102541766441831_1530491_nTrès simple: que des avantages, et je préfère focaliser dessus, car si je commence à penser aux inconvénients, je ne m’aventurerais dans rien. Et puis, faut être franc, ça fait parti de l’expérience. Comme on dit en anglais : « We have to experience the bitter to taste the sweet! ». Les avantages sont nombreux et variés : sans oublier qu’à l’âge de 16ans, je suis parti en échange également grâce au Rotary Club international.

  • Echange a 16 ans par le Rotary (pendant 11mois)

– 3 familles d’accueil,
– Voir et vivre différentes perspectives de la vie dans le pays où j’ai vécu.
– Petite bourse pour les dépenses du quotidien, mais cela dépend des clubs du Rotary…
– Inconvénients : difficile de revenir quand on s attache trop aux personnes. A 16 ans, c’est dur le retour à la réalité…

  • Échange universitaire à 23 ans par le Programme Erasmus (pendant 9 mois)

– Bourse scolaire,
– Facile d’accès,
– choix très varié de destinations…
– Inconvénients : risque de trop faire la fête et trop « sociabiliser » avec les autres qu’on en oublie volontairement ou non ses études ! (mais bon, on ne vit qu’une fois). CARPE DIEM!

  • VIE a 27 ans (pendant 12mois)

– Extrêmement difficile a obtenir, mais ce n’est QUE du bonheur quand on l’obtient.
– Très bien payé, l organisation UBIFRANCE est aux petits oignons avec nous, et sans hésiter à dire: la meilleure année de ma vie jusque la!
– Inconvénients: la loi de l’Offre et de la Demande : l’année ou je l’ai demandé : 90 000 demandes pour 3500 offres, beaucoup d’appelés pour peu d’élus, mais la persévérance paie: j’ai tenté pendant 2 ans!… et la limite d’âge de 28ans…

  • PVT: facilite l’immigration dans le pays choisi,

– plusieurs destinations possibles,
– effectué très rapidement selon les destinations choisies.
– Inconvénients : pas forcement obtenir des postes très haut niveau/qualifié quand on arrive car on a le tampon « Vacances » sur le visa. Et attention à la limite d’âge également…

Pour chaque expérience, ce n’est que du bonheur. Beaucoup d’efforts pour obtenir certains contrats, visa, postes, c’est dur, c est même désarmant par moments, frustrant…mais le Graal est la, et une fois acquis, atteint, obtenu, ca vaut tous les efforts inclus auparavant!

Peux-tu nous en dire plus sur le Rotary Club ? En es-tu toujours membre ?

Le Rotary Club International est une association/organisation caritative pour « adultes », non pour étudiants, donc je n’en ai jamais été membre en tant que tel. En revanche, pour les jeunes étudiants, ils organisent des échanges de 1 an, mais les choses peuvent avoir évolué depuis, cela fait près de 15 ans que je suis parti déjà (OH Merde, déjà…) donc cela a certainement évolué. Le programme d’échange n’est qu’une partie de ce que l’organisation fait pour autrui.

Je sais que tu planifies un jour de faire un tour du monde. Quel serait le voyage de tes rêves ?

552737_691356960893639_966602051_nLe tour du monde est un voyage rêvé par énormément de monde, mais réellement effectue par peu de gens pour différentes raisons. Personnellement, je planifie ceci avec mon amie pour dans 1 an, et après, tout dépendra de l’argent que nous aurons réussi à mettre de coté. On préfère partir, quitte à faire moins plutôt que d’attendre une « situation idéale/moment idéal » qui ne viendra probablement jamais ou pas aussi « idéal » que nous l’espérons. Nous avons surtout arrêté une date: 1er Décembre 2014, et après, on avisera. Une fois la date fixée, tout parait plus concret dans notre esprit même si cela n’a rien change à nos vies (pour le moment).

Quel serait le voyage de mes rêves ? Dur, très difficile à expliquer. La seule chose qui me fait « peur » avec un tour du monde est de ne plus apprécier autant les évènements, endroits, paysages et personnes rencontrées autant que si ce n’est qu’un simple voyage pour se dépayser. Quand on voyage pour longtemps et/ou énormément, nos standards/normes et attentes montent d un cran. Laisses moi m’expliquer : Par exemple, voir la grande muraille de chine pendant des vacances de 2 semaines en Chine est impressionnant, dépaysant etc… Cependant, voir cette même muraille pendant un voyage de 1 an autour du monde après le Machu Pichu, les pyramides, temples aztèques, et avant les Buddha, je pense que cela reste merveilleux mais a moins d’impact. Ceci n’engage que moi. Ceci est mon unique « peur ». Donc un voyage de mes rêves serait de continuer à apprécier autant les endroits/paysages et personnes comme ci cela était pour la première fois. Un peu comme tomber amoureux de sa femme ou de son mari tous les jours comme le 1er jour. Ceci serait le voyage de mes rêves. J’espère que cela répond à ta question!

Aller, je vais te laisser tranquille avec ces questions : Quels pays aimerais-tu découvrir durant ce tour du monde ?

La liste est longue. La réponse serait : un maximum. Après, la réalité nous ramène sur Terre, et donc nous envisageons plus des pays en voie de développement que des pays « riches » pour 2 raisons : la première est évidemment économique. Cela nous permet de rester plus longtemps ou faire plus avec moins de ressources. La seconde est plus humaine: généralement, j’ai l’impression que les personnes vivant dans des pays considérés comme « pauvres » sont plus humains et beaucoup moins matérialistes. Et également, comme nous souhaitons effectuer si possible 4×1 mois de volontariat/humanitaire, la liste des endroits ou mettre la main à la patte est plus longue dans les pays en voie de développement. Les endroits obligés : On pense faire l’Amérique centrale, puis le Pérou au minimum. Le Maghreb avec le Maroc et possiblement l’Algérie. Nous souhaiterions l’Egypte (cela dépendra du contexte politique à ce moment là), l’Afrique du sud, si possible le Kenya, je suis personnellement très attiré, intéressé et intrigué par la péninsule Arabique et surtout l’Arabie Saoudite, et l’Inde, pour terminer vers le Viet Nam, et si possible le Japon pour voir un ami (Aala de gaijin-japan.org).

Après, dans la vie, rien n’est sur et tout est sujet à changement, adaptation et évolution, ceci ne sont que les plans de base. Il faut juste s’attendre à l’inattendu…

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Christopher

Accro au voyage depuis 2008, j’aime découvrir de nouvelles destinations en prenant mon temps, et si possible en faisant du sport ! Je suis également passionné de cinéma, donc il peut m’arriver de faire référence à des films dans certains articles.

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