Interview : Le volontariat selon Ludovic Hubler

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Ludovic Hubler a fait un tour du monde de 5 ans, a écrit un livre à ce sujet et a fondé l’association Travel With A Mission (il nous en parle d’ailleurs en interview ici). Aujourd’hui, li nous donne son point de vue sur le volontariat à l’étranger, fort d’une expérience très riche dans le domaine.

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– Quelles sont tes expériences personnelles en tant que volontaire à l’étranger ?

J’ai un parcours assez atypique de ce côté-là car au-delà de quelques missions ponctuelles (chez Mère Teresa à Calcultta ou dans l’intérieur du Brésil où j’ai aidé au développement de plusieurs projets), j’ai organisé par exemple des journées de rencontre entre ONG. Pendant mon tour du monde, j’ai rencontré de nombreuses ONG mais je me suis aperçu qu’elles avaient tendance à toujours travailler dans des bulles, dépensant beaucoup de temps et d’énergie à faire des projets déjà développés par des voisins. A San Salvador, Djakarta et Delhi, j’ai donc mis pendant une journée une trentaine d’ONG ensemble de façon à les encourager à travailler davantage ensemble, à faire 1+1=3.

Au-delà de cela, j’ai aussi réalisé un projet pédagogique avec l’hôpital de Strasbourg où je partageais mon aventure au quotidien avec des enfants malades de cancer et j’ai donné plus de 350 conférences dans toutes sortes d’institutions insistant sur la réalisation de rêves et sur les enseignements de mon parcours.

L’engagement, quel qu’il soit, est quelque chose d’extraordinaire. On a l’impression de donner mais en réalité, on apprend et on reçoit plus que l’on donne. L’engagement sociétal est devenu pour moi une véritable nécessité. Comment ne pas agir quand on a vu tout ce que j’ai vu à travers le monde. Le monde a besoin de gens éduqués prêts à donner un coup de main, j’essaie de faire cela.

– Quelles seraient tes recommandations pour un voyageur qui désire faire du volontariat ?

Il y a volontariat et volontariat. Si une personne souhaite partir par exemple faire 6 mois de bénévolat au Benin ou en Côte d’Ivoire, la première règle à respecter est « ne pas faire à la place de » mais « avec ». Il est indispensable de toujours bien réfléchir à l’impact de votre action. Celle-ci vous semblera peut-être très positive et flattera votre ego mais en réalité, sur le long terme, elle desservira la communauté. Pour chaque action menée, pensez toujours à ce que vous laisserez quand vous ne serez plus là.

Dans le cas du Twaming, ce que propose TWAM, l’idée n’est pas forcément de rester 6 mois dans une association X ou Y mais plutôt de se rendre utile tout en voyageant, c’est ce qui rend le Twaming unique. Chaque voyageur a des choses intéressantes à développer. Certains peuvent enseigner les premiers secours tout en voyageant, d’autres sensibiliser aux énergies alternatives, parler de son pays, de sa passion, etc. Dans ce cas-là, l’attitude du voyageur est aussi très importante, il ne faut surtout pas être donneur de leçon et il faut savoir s’adapter en toutes circonstances.

– Que penses-tu du tourisme solidaire qui est en plein essor ?

Là aussi, tout dépend ce qu’on met derrière ce mot. Le tourisme solidaire regroupe différents types d’action. En général, je trouve cela bien à partir du moment où ces voyages respectent les communautés respectées et favorisent des échanges positifs entre populations. Le tourisme a tendance à transformer le voyageur en EURO ambulant que le local cherche à plumer. Tout ce qui peut contribuer à casser cette relation où chaque échange doit terminer en transaction me paraît positif.

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– Que penses tu des entreprises, qui ont pour but de faire des bénéfices et qui proposent des expériences de volontariat aux occidentaux pour des prix qui me paraissent, à titre personnel, exorbitant ?

Vous parlez sans doute de PROJECTS ABROAD. Je ne suis personnellement pas favorable à cette façon de faire et c’est d’ailleurs pour cela que TWAM est sous un format associatif. Après, je comprends tout à fait que ces institutions type Planète Urgence, Développement sans frontières ou autres qui apportent un encadrement et une intermédiation souhaitent se faire rémunérer pour leur apport. Dans notre cas, la plateforme de mise en relation est absolument gratuite et elle doit le rester. Si par contre une personne souhaite qu’on se charge de tout pour elle et qu’on se porte garant du succès d’une mission, cela a un coût. Ce service « clés en mains » sera bientôt lancé pour TWAM, il s’appellera le TWAM Volunteering.

– Un volontaire, selon toi, doit-il payer pour faire du volontariat ?

En théorie, non. Après, si l’on demande à l’intermédiaire de se porter garant, de s’occuper de nombreuses choses alors là oui, il y a un coût à payer qui me paraît normal car il y a des coûts à couvrir du côté de l’intermédiaire.

– Est-ce que tu penses que tout le monde peut faire du volontariat ?

Oui à partir du moment où l’attitude est bonne. Après, il faut toujours faire en sorte que l’apport du volontaire soit une ressource, pas une charge pour l’institution qui reçoit. J’ai vu de tout, des expériences très positives, comme négatives de ce côté-là. Comme indiqué plus haut, le plus important est 1) avoir la bonne attitude en prenant notamment des initiatives et en faisant le nécessaire pour ne pas être un poids, 2) avoir un minimum de compétences.

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Christopher

Accro au voyage depuis 2008, j'aime découvrir de nouvelles destinations en prenant mon temps, et si possible en faisant du sport ! Je suis également passionné de cinéma, donc il peut m'arriver de faire référence à des films dans certains articles.

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