Interview d’Antoni, voyageur passionné par la plongée actuellement en Australie

Coraux-australie

L’Australie est aujourd’hui considérée par beaucoup comme un nouvel El Dorado. Chaque année, des milliers de jeunes tentent l’aventure la-bas. Antoni voyage depuis 2011 un peu partout dans le monde. Il vit en Australie depuis le mois de janvier. Après son récent article sur les moyens de gagner de l’argent en voyage, il nous parle de ces aventures dans l’interview ci-dessous. Il est également l’auteur d’un blog dédié à la plongée en voyage.

Bonjour Anto, pourrais-tu te présenter ?
Bonjour Chris, je dirai, un peu en provoquant, que je suis devenu ces dernières années un opportuniste. A la base j’ai fait une Grande Ecole de Commerce et j’ai ensuite travaillé quelques temps avec beaucoup d’acharnement mais peu de résultats personnels dans la grande distribution à Bagnolet. Il est finalement arrivé un jour où j’ai réalisé que cet univers ne me convenait absolument pas. Je suis en effet un Réunionnais, habitué au ciel bleu, la mer et les savates deux doigts. J’ai dans un premier temps envisagé de changer de job et de voies. Mais c’était reculer pour mieux sauter : j’avais besoin de faire quelque chose qui avait un sens pour moi. Alors profitant qu’un ami (toi en l’occurrence) repassait en France en plein milieu de son tour du monde (prétextant un mariage, mais on sait tous que le vin et les bons whiskys lui manquaient), je le suivais pour des aventures qui allaient définitivement me changer. Depuis j’essaie de profiter de tout ce qui m’arrive pour mieux diriger ma vie.

Et donc, aujourd’hui, ou en es-tu ?
Après deux ans de voyage je suis arrivé en Australie ! Mais entre temps beaucoup de chose sont arrivées. J’ai d’abord redécouvert une de mes passions : la plongée sous marine ! D’abord au Mexique où j’ai fait quelques plongées loisirs puis par la suite à Utila au Honduras, où j’ai décidé de passer le niveau Divemaster, suivi rapidement pas le niveau Instructeur que je suis revenu passer en France. Après l’avoir passé je suis venu m’installer quelques mois à Utila où j’ai commencé à travailler. Très vite j’ai rencontré ma compagne et comme cela nous démangeait de voyager nous sommes repartis sur la route 6 mois avec pour objectif de partir travailler en Australie. Je suis maintenant Instructeur de plongée sur la grande barrière de corail.

En quoi consiste le niveau Divemaster et pourquoi le compléter par une formation en France ?
Le niveau Divemaster est le premier niveau professionnel chez PADI : la plus grande association d’instructeurs dans le monde. Ce niveau te permet d’accompagner des gens en ballade sous marine et de travailler dans la plupart des diveshops. C’est une formation qui si elle est bien faîte doit t’enseigner la théorie de la plongée, t’apprendre plus sur l’histoire de ce sport et bien sûr améliorer ta sécurité et celle de ta palanquée.

Mais pour pouvoir enseigner il faut passer le niveau supérieur d’instructeur. A ce point là de mon voyage, j’avais pris la décision de continuer mes aventures pour un temps indéterminé. Je devais cependant rentrer en France pour mettre des choses en ordre et saluer mes amis et ma famille que je n’allais pas voir pour un bout de temps. J’en profitais donc pour faire mon PADI Instructor à Cannes qui était le premier centre PADI en Europe et a une très bonne réputation dans le milieu.

voyage-plongéeTu as donc plongé en France métropolitaine, à La Réunion, au Mexique, au Honduras et en Australie. Pourquoi t’arrêter en Australie pour travailler et pas dans un autre pays ?
J’ai passé mon niveau Instructeur à Cannes mais on ne peut pas vraiment dire que j’ai plongé en France Métropolitaine. J’ai juste fait quelques exercices et passé mes examens là-bas.

S’arrêter en Australie avait quatre logiques :

  • La première est toute simple, la grande barrière de Corail est le rêve de beaucoup de plongeurs. C’est un mythe qui possède de nombreux trésors cachés attendant le plongeur curieux de les découvrir. De plus je suis un insulaire et des villes comme Cairns ont le même esprit et climat qu’une petite île tropicale.
  • C’est l’un des seuls endroits au monde où je pouvais travailler sans être payé en monnaie de singe ! En effet être payé dans la monnaie locale des pays d’Amérique centrale ne permet pas de faire beaucoup de projets. Le visa Vacance Travail est idéal pour les voyageurs qui veulent une expérience immersive en Australie.
  • Ma compagne est australienne et elle commençait à avoir le mal du pays. Quand tu prives trop longtemps un australien de sa Vegemite, il finit par dépérir. C’est comme les vrais français et le fromage! Tu es d’accord avec moi Chris ?
  • Travailler à Cairns en particulier offre la possibilité de travailler sur des bateaux live aboard et d’acquérir une expérience de marin tout en plongeant. Or c’est un projet que je garde dans le coin de la tête depuis un petit bout de temps d’acheter un voilier et de naviguer/plonger dans la Polynésie.

Peux-tu m’en dire un peu plus sur ce projet ? Que prévois-tu de faire et dans combien de temps ?
Ce projet c’est un peu un rêve d’enfant. J’ai toujours aimé cette chanson de Jacques Brel, les Marquises, qui avait quelque chose de magique. Quand j’ai recommencé la plongée j’ai rencontré pas mal de marins qui avaient tout lâché pour acheter un bateau et prendre le large. Je m’imaginais bien aller d’île en île, plonger où bon me semble et prendre quelques passagers pour faire des rencontres.
Kate, ma compagne, n’avait pas forcément le même rêve mais c’est une grande voyageuse. Cela fait 10 ans qu’elle est sur la route et l’idée de voyager par bateau l’a immédiatement séduite. Cela a affirmé notre volonté d’avancer dans ce projet. En même temps j’ai découvert Corto Maltèse et d’une certaine manière la poésie d’Hugo Pratt m’a encore plus décidé à me lancer sur ce projet.
Mais tout cela pour l’instant appartient au domaine de l’imaginaire. On se donne jusqu’en fin 2014-début 2015 pour collecter l’argent nécessaire. Avec pour objectif 50 000$. 5 000$ de cours de voile et autres certifications, 3 000$ d’équipement de plongée incluant un petit compresseur, le reste pour l’achat du bateau et toutes les démarches administratives. En recherchant sur internet on a trouvé pas mal de navires dans les 40 000$ avec 6-8 couchages, salle de bain, cuisine…
Notre première démarche va être de prendre quelques cours de yatching, avec nuit à bord, voyage de plusieurs jours. Nous suivrons sûrement le programme anglosaxon plus « facile » et surtout plus « rapide » que le modèle français. Notre travail d’instructeur sur des live aboard nous autorisant à valider quelques heures en mer…Nous commençons déjà à rencontrer des marins et nous espérons faire la traversée Cairns-Indonésie en février 2014 pour acquérir de l’expérience et savoir ce qui nous plait sur les modèles de bateau. Après cela, un an de travail en Australie pour emmagasiner des pépettes!

Du coup, tu as pris un Permis Vacances Travail pour cette année en Australie. Après, quelques mois, qu’est-ce que tu en penses ?
Le visa vacances travail est une véritable opportunité pour découvrir le pays et s’immerger dans le quotidien australien. J’ai aussi la chance d’avoir une compagne australienne qui me fait découvrir les coins que les locaux apprécient et les plats qu’ils préfèrent. J’ai souvent rencontré des français qui me disaient ne pas apprécier la cuisine australienne (et oui à chaque fois que je rencontre des français ça parle nourriture). Mais il n’avait jamais essayé de Meat Pie dans une bonne boulangerie et n’avaientt jamais commandé un pavlover. A cela il faut ajouter les BBQ à gaz gratuits et présents sur tout le territoire afin de passer de très bonnes après midi…

En outre, pouvoir travailler à l’étranger, ça permet de découvrir un fonctionnement d’entreprise totalement différent. On est par exemple très souvent payé à la semaine. Au lieu de cotiser pour une retraite que l’on ne verra jamais, les entreprises mettent de l’argent sur un compte personnel dont on peut choisir la stratégie d’investissement et on voit le compte au quotidien.

C’est donc un excellent moyen de relativiser sur nos conditions de vie et apprécier ce que l’on a en France. J’ai par exemple du aller chez un médecin pour une tendinite et j’en suis sorti avec une facture salée et sans grand résultat… Quand je travaillais en milieu rural, je ne pouvais même pas aller dans une clinique sans payer un abonnement annuel en plus des soins…

Dans les choses fortes c’est bien sûr l’occasion de découvrir une nature différente et des paysages exotiques.  Dernièrement j’ai eu la chance presque incroyable de tomber nez à nez avec un ornithorynque ! Kangourous et Koalas se trouvent par légions dans les bons endroits. Perroquets et autres magnifiques oiseaux pullulent un peu partout.

Je pense sincèrement que le visa Vacances Travail permet de s’immerger et de profiter du pays bien mieux que de simples vacances ou que d’un semestre d’études dans une grande ville. Malgré les contraintes nombreuses : un an renouvelable par trois mois de travail dans l’agriculture, seulement six mois de travail dans la même entreprise…

Quelle a été la plus belle plongée que tu aies jamais faite ?
Oula c’est une question piège! Ma plongée la plus impressionnante était une plongée technique à 75m. Mais ma plongée la plus belle a sûrement été à Tanikeli, Madagascar où j’ai pu voir un poisson fantôme magnifique. Madagascar est aussi splendide pour sa faune à la surface et sous l’eau. Entre deux plongées il y a toujours des choses à voir.

Merci à toi pour cette interview passionnante ! Et vous, quel serait votre voyage de rêve ?

Articles similaires

A propos de l'auteur Voir tous les articles

Christopher

Accro au voyage depuis 2008, j'aime découvrir de nouvelles destinations en prenant mon temps, et si possible en faisant du sport ! Je suis également passionné de cinéma, donc il peut m'arriver de faire référence à des films dans certains articles.

6 CommentsLaisser un commentaire

  • Salut,
    Laisses tomber la grande barrière de corail (trop touristique) et vas sur la côte Ouest à Ningaloo Reef. Tu pourras voir des requins baleines, raies manta, dauphins… j’ai été déçu par la grande barrière de corail.

  • [email protected] chef dit :

    Super histoire. J’espere que ton projet portera ses fruits, 50 000 $ c’est une belle somme, mais avec ton parcours scolaire, tu ne devrais pas avoir de problèmes à les trouver. Il faut persévérer 🙂

    • Plus que son parcours scolaire, c’est le fait d’avoir su se reconvertir qui va lui permettre de réaliser ce rêve… tout en s’éclatant en attendant ! L’école de commerce ça permet de réaliser ces rêves, c’est sur, on peut gagner assez vite pas mal d’argent. mais pour la plupart des gens, c’est en faisant un boulot qui ne leur plait pas, avec trop d’heures et de fatigue pour réellement profiter du quotidien !

Laisser une réponse

Votre adresse email ne sera pas publiée.